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Méthodologie·22 avril 2026·7 min de lecture

Lire le portefeuille mobile : pourquoi le mobile money est le signal primaire

Lorsque nous auditons un dossier de crédit PME ouest-africain typique, nous trouvons en général un relevé bancaire qui ouvre sur trois mois d'activité de faible fréquence, deux ou trois prélèvements automatiques, et pas grand-chose d'autre. Pour un modèle de crédit occidental, c'est un dossier mince. Pour un modèle entraîné sur le même marché, c'est une pièce presque vide avec une porte qui mène ailleurs.

Cet ailleurs, c'est le portefeuille mobile. Une boulangère à Thiès qui reçoit XOF 480 000 par semaine de ses clientes via Wave enregistre un historique de revenus complet, horodaté, avec contrepartie identifiée. Son wallet journalise ses paiements fournisseurs, ses factures d'électricité, son flottant. C'est, sur presque toutes les dimensions qui comptent pour le crédit, un document plus riche que son relevé bancaire.

Le geste méthodologique consiste à cesser de traiter le wallet comme un complément. Nous ne scorons pas le relevé bancaire pour ajouter ensuite un bonus wallet. Nous modélisons les deux, avec le wallet pondéré pour ce qu'il représente vraiment dans la vie économique de l'emprunteur — ce qui, sur ce marché, en représente l'essentiel.